samedi 6 juin 2026 Fizi 00:20


Me Asaph et la socièté Stratagos accusés de collusion avec le M23 et exploitation minière opaque à Mwenga.



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samedi 30 mai 2026  

Par Byobe Malenga

Un rapport confidentiel émanant des services de renseignements et ANR met gravement en cause la société minière Strategos, sa filiale Kivu Développement (SKD), ainsi que son conseil juridique, Maître Asaph Wenda Lukangyela. 

Ce document officiel dénonce une collaboration présumée entre ces entités et les rebelles de l'Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), qualifiée par les services de sécurité de menace majeure contre l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. 

Selon les conclusions des enquêteurs de l'ANR, Maître Asaph Wenda aurait agi comme la cheville ouvrière et le lien opérationnel direct avec le mouvement rebelle. Les accusations portent notamment sur une facilitation logistique militaire majeure, la firme étant soupçonnée d'avoir dissimulé le transport d'armes lourdes sous le couvert de chantiers de réhabilitation routière. 

En contrepartie de cet appui stratégique, le mouvement rebelle aurait garanti à l'entreprise un accès exclusif et privilégié à des concessions minières hautement stratégiques situées dans les zones de Kamituga et de Lugushwa.

Contacté par notre rédaction, Me Asaph Lukangyela réfute en bloc toutes ces accusations et insiste sur le fait que les autorités, au plus haut niveau, sont pleinement informées de ses activités ( projet minier et projet de réhabilitation des points chauds sur la RN2, axe : BUKAVU -KITUTU. Ce projet s’inscrit dans le cadre du contrat de partenariat public -privé signé entre la société Kivu-Developpement SAS et la Province du Sud-Kivu au mois de février 2025, travaux suspendus après ses lancements à Kilungutwe, pendant 13 mois à cause de la guerre, puis repris depuis le mois de mars 2026.

« Les autorités du pays au plus haut niveau savent ce que je fais à Mwenga. Le Gouverneur du Sud-Kivu sait ce que je fais, l’administrateur du territoire de Mwenga sait ce que je fais, et je leur envoie chaque jour des éléments audiovisuels sur l’avancement des travaux. Donc, je fais mon travail, pour le reste Dieu s’en chargera et la population en est témoin », a-t-il déclaré.

Ces graves soupçons de collusion sécuritaire résonnent directement avec des alertes citoyennes documentées au début du mois dans la même région par la société civile. 

Le mercredi 6 mai 2026, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) du Sud-Kivu, sous la direction de son coordonnateur provincial Martin Mafikiri Mashimango, avait publiquement tiré la sonnette d'alarme concernant l'implantation imminente de la société , la société SMX SARL, dans le territoire de Mwenga. Dans ce dossier connexe, Maître Asaph Lukangyela apparaissait de nouveau en première ligne, cette fois en qualité d'assistant de Madame Shenila Mwanza et de représentant de ladite firme. La NSCC l'accusait alors de manœuvrer de concert avec certaines autorités locales pour orchestrer l'arrivée, planifiée au vendredi 8 mai 2026, d'un convoi de nationalités colombienne Lugushwa, un déploiement jugé suspect et de nature à déstabiliser une zone déjà marquée par de vives tensions sécuritaires.

Face à cette situation, l'organisation citoyenne avait formellement dénoncé la violation de la circulaire provinciale du 4 mai 2026, un texte interdisant l'atterrissage d'étrangers à l'aérodrome de Nyamibungu et imposant des contrôles stricts sur les visas de travail. 

À ce stade, ni le gouvernement central ni les autorités provinciales du Sud-Kivu ne se sont prononcés sur les conclusions de l'ANR ou sur les interpellations de la société civile.


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