Un homme tué par balles dans le camp de réfugiés burundais à Lusenda
vendredi 22 mai 2026
Par Hussein Jafari Fils
Un homme âgé de 32 ans a été tué par balles le soir du 21 mai au village dans le camp de réfugiés burundais de Lusenda, secteur de Tanganyika, territoire de Fizi au Sud-Kivu.
La victime, identifiée comme MAITAJI KABENGELE ASI, a été touchée alors qu’il rentrait du centre du camp avec son épouse, vers 22h00. Selon les témoignages recueillis sur place, une altercation avec un autre résident du même village serait à l’origine du drame.
'Ils revenaient du travail quand une dispute a éclaté avec un jeune du village. Quelques minutes après, on a entendu des coups de feu. Quand on est arrivé, Maitaji était déjà au sol ', raconte un habitant du village 8 sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.
Le présumé auteur, nommé Toussin, serait un réfugié burundais enrôlé dans le mouvement Wazalendo, actif dans la zone. Les autorités du camp confirment l’incident et indiquent qu’une enquête est en cours.
' Nous avons enregistré un homicide par arme à feu hier soir. Quatre personnes, dont une femme, ont été interpellées ce matin pour les besoins de l’enquête. Le suspect principal figure parmi les personnes arrêtées ', déclare un responsable de la police du camp de Lusenda, lors d'un échange avec le journaliste sur ce dossier ce vendredi 22 mai.
Ce nouveau cas de violence armée relance les interrogations sur la présence de jeunes réfugiés dans les groupes armés et sur la sécurité des civils dans le camp. Plusieurs organisations locales appellent à renforcer la protection des populations civiles et à encadrer davantage les mouvements dans l’enceinte du site.
Au-delà du fait divers, le drame de Lusenda relance le débat sur l’enrôlement de jeunes réfugiés burundais dans des groupes armés actifs dans le Sud-Kivu. L’absence d’alternatives socio-économiques et la promiscuité dans les sites rendent cette population particulièrement vulnérable au recrutement. Pour les acteurs locaux, l’urgence est de renforcer les mécanismes de désengagement et d’appui psychosocial afin d’éviter que d’autres incidents similaires ne se reproduisent.
