Claude Misare s’oppose à la délocalisation des projets PFCIGL à Uvira
samedi 16 mai 2026
Par Byobe Malenga
L’elu d'uvira à la députation nationale, Claude Misare Mugomberwa,a officiellement saisi le ministre du Commerce extérieur ce 15 mai 2026.
Dans une correspondance administrative, l’élu dénonce ce qu'il qualifie de tentative de « détournement » de projets d’infrastructures initialement prévus dans la province du Sud-Kivu.
Le litige concerne le Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL), financé par la Banque Mondiale.
Ces travaux, qui incluent la modernisation du port de Kalundu et la construction de plusieurs postes frontaliers (Kavimvira, Sange, Rubenga), avaient été interrompus en décembre 2025 suite à la dégradation sécuritaire et l’occupation de la zone par les forces de l’AFC/M23.
Un argument sécuritaire contesté
Alors que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé avoir repris le contrôle effectif de la plaine de la Ruzizi depuis le 9 mai dernier, le député Misare s’étonne de la persistance des procédures de résiliation de contrat.
Selon ses informations, un service technique du ministère du Commerce extérieur orienterait désormais ces financements vers une autre province, invoquant une insécurité pourtant jugée résorbée par l’élu.
« Les raisons sécuritaires ayant motivé la suspension des travaux ne sauraient aujourd'hui justifier ni une résiliation définitive du contrat ni la délocalisation des financements », écrit le député dans sa lettre. Il souligne que ces chantiers sont cruciaux pour la relance économique et la stabilisation sociale d’une région meurtrie par les conflits.
Appel à une mission d’évaluation
Au-delà de la dénonciation, le parlementaire demande l’annulation immédiate des décisions de résiliation des contrats liés aux postes de Sange/Nyamoma et Rubenga/Luvungi.
Pour sortir de l'impasse, il préconise l'organisation urgente d'une mission mixte sur le terrain.
Cette délégation devrait réunir le Gouvernement, la Banque Mondiale, la coordination du PFCIGL ainsi que des représentants de l'Assemblée nationale et des autorités locales.
L’enjeu est également social : le lancement officiel des travaux en 2025 prévoyait la création de plus de 1 800 emplois temporaires destinés aux jeunes et aux femmes de la région d'Uvira.
Pour l’heure, le ministère du Commerce extérieur n’a pas encore communiqué officiellement en réponse à ces préoccupations.
