mardi 12 mai 2026 Fizi 18:20


Trois morts et 8 475 sinistrés à la suite des inondations à Uvira



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dimanche 3 mai 2026  

Par Hussein Jafari Fils 

 
Au lendemain des inondations dévastatrices causées par la rivière Kalimabenge, le Maire intérimaire de la ville d’Uvira, Kifara Kapenda Kik’y, a dressé ce samedi 2 mai un premier bilan officiel. Trois corps ont été retrouvés, un enfant reste porté disparu et 8 475 personnes sont sinistrées à Nyamianda et Kilibula. L’autorité urbaine alerte sur des risques d’effondrements dans les 15 prochains jours.

La pluie torrentielle tombée le jeudi 1er mai, jour de la fête du Travail, a fait sortir la rivière Kalimabenge de son lit, provoquant des inondations dévastatrices dans les quartiers Kilibula et Nyamianda.

Après une tournée d’évaluation avec ses services, le Maire ad intérim Kifara Kapenda Kik’y a livré le bilan humain provisoire :  trois personnes dont les corps ont été vus, et les corps qui n’ont pas encore été vus, dont un a déjà été réclamé. Un enfant dont on ne sait pas encore trouver, a-t-il déclaré.

Avant de présenter ces chiffres, l’autorité urbaine a tenu à exprimer sa compassion : ' Je tiens sincèrement à présenter mes sincères condoléances à ceux-là qui ont perdu des leurs dans cette circonstance non voulue, et aussi à tous ceux-là qui ont perdu non seulement des maisons mais aussi dont la rivière a emporté des matériels .'

8 475 personnes affectées à Nyamianda et Kilibula  

Les dégâts matériels sont massifs. À Nyamianda, particulièrement sur l’avenue Plage d’Or où la rivière Kalimabenge se déverse dans le lac Tanganyika, le Maire fait état de 203 maisons visitées pour 1 015 ménages, soit 5 775 personnes affectées. Là, il y a eu des dégâts monstres, a-t-il souligné.

À Kilibula, aucun décès n’est à déplorer, mais 108 maisons ont été endommagées sur les avenues Mombasa et Shaba. Le bilan y est de 540 ménages affectés, soit 2 700 personnes.

Au total, 311 habitations sont touchées et 8 475 personnes se retrouvent sinistrées dans les deux quartiers.
 
Kifara Kapenda Kik’y a lancé une mise en garde en soulignant que le risque n’est pas terminé. Il y a des habitations qui ne sont pas encore écroulées mais qui vont s’écrouler, a-t-il prévenu. Selon l’historique de la rivière, d’autres effondrements pourraient survenir.  Comme ça fait ce dégât ici, faut compter encore quinze jours pour dire que c’est fini, puisque après quinze jours, ça peut lever encore.

Le Maire intérimaire a annoncé qu’un rapport détaillé sera transmis à la hiérarchie.

'Nous pensons que ce rapport sera envoyé au niveau de la province, de la province au niveau national, pour que nous puissions avoir l’assistance pour ces personnes-là qui sont sinistrées ' .

Il a rappelé que ces nouveaux sinistrés s’ajoutent à d’autres vulnérables déjà présents à Uvira.

' Ils s’ajoutent aussi aux sinistrés réfugiés qui rentrent et d’autres même qui étaient avant, qu’on n’avait pas encore trouvé de solution '.

Cette inondation rappelle la vulnérabilité chronique d’Uvira, coincée entre le lac Tanganyika et les hauts plateaux. La ville subit régulièrement des crues de la rivière Kalimabenge et de la rivière Mulongwe, aggravées par l’occupation anarchique des berges et le manque de curage des rivières.

Pour rappel, les équipes humanitaires poursuivent les évaluations. Les besoins urgents concernent les abris, l’eau potable, la nourriture et les soins de santé.


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