Le REJFI dénonce l'inaction des autorités après l'attaque de deux journalistes en une nuit à Baraka
mardi 21 avril 2026
Par Hussein Jafari Fils
Le Réseau des Journalistes de Fizi, REJFI en sigle, dénonce une montée de l’insécurité visant les professionnels des médias dans la ville de Baraka. Dans une déclaration faite au nom du réseau, son coordonnateur Jonas Seba Mkyabela condamne deux attaques survenues dans la nuit du lundi à ce mardi 21 avril, ciblant des journalistes locaux dans les quartiers Kibonjwa et Macampagne.
Le REJFI interpelle les autorités sur leurs responsabilités de protéger les citoyens et leurs biens, rappelant que les journalistes ne sont pas les seules victimes des actes de banditisme qui se multiplient dans la ville, notamment la nuit.
'Nous saisissons cette opportunité au nom du Réseau des Journalistes de la ville de Baraka et du territoire de Fizi, REJFI en sigle, pour condamner l’acte qui s’est produit dans la nuit du lundi à ce mardi 21 avril dans le quartier Kibonjwa. Cet acte a visé notre confrère journaliste Innocent Kaluta de la Radio communautaire Baraka. Des personnes non encore identifiées jusqu’à présent, porteuses d’armes, ont menacé sa vie, ont failli le tuer et ont réussi à prendre son téléphone Android et une somme d’environ cinquante mille francs congolais avant de disparaître sans qu’on sache où elles sont allées. Pour nous, Réseau des Journalistes, c’est un acte qui nous attriste car si Dieu n’avait pas agi, s’il n’avait pas assuré la protection, notre frère serait mort à l’heure actuelle ', déclare Jonas Seba Mkyabela.
Selon le REJFI, ce n’est pas un cas isolé. La même nuit du lundi à ce mardi 21 avril, dans le quartier Macampagne, le domicile de la journaliste Machozi Muloko Bijoux, de la Radio communautaire Muungano de Fizi et collaboratrice du média en ligne DiDas TV, a également été visité par des voleurs. Des chaises en plastique et des chaussures ont été emportées. Le coordonnateur du REJFI rappelle que de nombreux cas de journalistes agressés et humiliés, surtout la nuit, sont régulièrement signalés à Baraka.
' Nous continuons aussi à condamner et à dire que ce ne sont pas des actes normaux pour nous. Dire que les journalistes doivent être protégés, c’est la responsabilité des dirigeants qui protègent les citoyens et leurs biens dans la ville de Baraka. Nous présentons aussi nos condoléances à tous les habitants de la ville de Baraka car ce ne sont pas seulement les journalistes qui sont troublés. De nombreux citoyens sont dépouillés, volés, se font arracher leurs téléphones et continuent d’être victimes de tirs chaque jour et cela attriste. Dans plusieurs quartiers de la ville de Baraka il n’y a pas de paix, donc la sécurité des personnes est la responsabilité des dirigeants, il faut que les gens soient protégés. Nous nous unissons aux organisations de la société civile de cette ville de Baraka qui se plaignent souvent de ce fait concernant la faiblesse de la sécurité. Elles lancent un appel aux dirigeants concernés, au maire de la ville de Baraka, aux membres du conseil de sécurité et à tous ceux qui sont concernés par la sécurité dans cette ville de se lever fermement pour prendre des mesures rigoureuses afin de protéger les citoyens et leurs biens ', déclare-t-il.
Si les personnes chargées de protéger la population sont elles-mêmes signalées dans des actes de tracasserie nocturne, c’est la confiance dans les organes de sécurité qui s’effondre à Baraka. Le REJFI demande aux services de sécurité de rechercher activement les auteurs de ces actes pour que cela cesse.
