La société civile de Fizi dénonce des raids des drones sur Bikyaka malgré la trêve signée
dimanche 19 avril 2026
Par Hussein Jafari Fils
La société civile forces vives du territoire de Fizi alerte la communauté nationale et internationale sur la situation qui prévaut dans les hauts et moyens plateaux. Dans une interview accordée à la Radio Ngoma ya Amani, son président, Maître Jacques Alimasi, dénonce des bombardements par drones survenus ce matin de ce dimanche 19 avril dans les villages Bikyaka et Point Zéro, malgré la signature d’un communiqué conjoint entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 en Suisse il y a moins de deux jours.
Ce communiqué conjoint visait la réouverture des couloirs humanitaires et la libération des prisonniers pour renforcer la confiance entre les parties belligérantes, conformément aux multiples accords et résolutions déjà signés pour une solution durable dans l’Est de la RDC. La société civile constate, pourtant, une recrudescence des attaques contre les villages et la population civile.
'Nous observons ce que nous qualifions de théâtre de pourparlers. Depuis le début des processus de recherche d’une solution durable dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo, plusieurs accords, instruments, résolutions et communiqués conjoints ont été signés entre toutes les parties. Pourtant, nous assistons toujours à la recrudescence des attaques contre les villages et contre la population civile. Le cas récent, c’est dans le village Bikyaka où, tôt ce dimanche matin, les drones de la coalition Twirwaneho-AFC/M23, qui est soutenue par le Rwanda selon plusieurs sources dont les rapports des experts des Nations unies, ont fait rage dans les villages Bikyaka et Point Zéro. Là, nous comptons au moins six civils atteints par les éclats des drones et décédés sur le champ. Plusieurs maisons de paisibles populations civiles ont été vandalisées, détruites, bombardées par des drones de cette coalition citée ci-haut ', déclare Maître Jacques Alimasi.
La société civile forces vives interpelle toutes les parties au conflit sur le respect de leurs engagements, du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme. Elle estime que seule l’application de ces principes peut soulager la misère subie par la population depuis l’avènement de la guerre.
'Nous déplorons et nous condamnons ces actes. Nous insistons et nous faisons appel à toutes les parties pour respecter leurs engagements, car la vie humaine est sacrée. Pour le moment, dans les hauts plateaux tout comme dans les moyens plateaux en territoire de Fizi, la vie humaine n’est plus considérée. La vie humaine est considérée comme celle d'un animal, comme quelque chose qui ne peut avoir de crédit, que ce soit au niveau national ou international. Nous appelons les partenaires et les médiateurs qui conduisent les pourparlers entre le gouvernement congolais et le mouvement AFC/M23 à faire preuve de professionnalisme. Nous insistons sur la mise en œuvre immédiate de la commission de vérification du cessez-le-feu, mandat qui revient à la MONUSCO. Depuis que les pourparlers ont commencé, les accords ont été signés, les déclarations, les communiqués, rien ne change sur le terrain ', martèle-t-il.
Si les accords signés n’arrêtent pas les bombardements, c’est la population civile qui devient l’ennemie de toutes les parties au conflit armé en territoire de Fizi. La société civile demande à la MONUSCO d’accélérer la mise en œuvre du mécanisme de vérification du cessez-le-feu.
