Une pénurie des médicaments signalée au poste de santé de Tùbùké 1 à Fizi
dimanche 19 avril 2026
Par Hussein Jafari Fils
Le poste de santé de Tùbùké 1 dans les moyens plateaux de Fizi au Sud-Kivu, connaît une pénurie des médicaments. C'est ce qu'alerte le Mouvement Citoyen Machozi ya Raiya, coordination des moyens-plateaux. À travers son coordinateur Roger Onusumba Philémon, l’organisation sollicite l’intervention du gouvernement et des organisations humanitaires.
Le village Tùbùké est situé dans le groupement de Balala-Nord, en secteur de Tanganyika, territoire de Fizi au Sud-Kivu. Le village est proche d’Akùkù, groupement de Bashimnyaka-Nord. Les deux villages des moyens-plateaux de Fizi reçoivent leurs soins dans ce seul poste de santé, qui observe aujourd’hui une insuffisance profonde de médicaments.
'Nous faisons face à une grave absence de médicaments, mouillant sérieusement l’accès aux soins de santé pour toute la population. Cette pénurie survient en période dangereuse où le paludisme est réputé plus présent dans la zone de santé de Fizi, et nous sommes exactement au cœur de la saison de transmission. Chaque jour, les enfants arrivent avec des fièvres très élevées, les femmes enceintes réclament des antipaludéens que nous n’avons plus en stock, et les infirmiers restent impuissants devant des cas qu’ils pourraient soigner facilement. Le poste de santé Tùbùké 1 accueille en plus un nombre significatif de déplacés internes venus de Minembwe, Mikenge, Point-zéro et d’autres villages, ayant fui les violences armées. Avec la charge qui double et les étagères vides, comment soigner tout ce monde sans rien ? ', déclare Roger Onusumba Philémon.
Pour obtenir des soins appropriés, la population se dirige vers des centres jugés proches mais très distants : Tùbùké-Elùmbé 10 km, Tùbùké-Ne’ele 20 km, Tùbùké-Nùndù 20 km. À cause de cette distanciation, les mamans qui accouchent font l’action en pleine route tandis que les malades en cas grave meurent sur les placards avant d’atteindre un centre.
Le Mouvement Citoyen Machozi ya Raiya exprime sa profonde inquiétude face à cette crise. Il appelle à l’intervention urgente du gouvernement congolais, des organisations humanitaires et des partenaires nationaux et internationaux afin d’apporter une assistance imminente au poste de santé Tùbùké 1.
'À défaut d’une réponse rapide, ce poste de santé risque de fermer ses portes définitivement, et ce serait une catastrophe pour toute la région. Le mouvement exhorte les autorités compétentes à agir sans hésitation pour éviter une calamité sanitaire imminente qui touche déjà des milliers de personnes. Nous voyons la situation se dégrader chaque semaine : les ruptures s’accumulent, le personnel tient par courage mais sans matériel, et la population perd espoir. Dans une zone enclavée où le paludisme tue régulièrement et où les pistes bloquent les évacuations pendant la saison des pluies, l’absence de médicaments transforme chaque fièvre en condamnation. Nous ne demandons pas la charité, nous demandons le droit à la vie pour notre population', martèle-t-il.
Si Tùbùké 1 ferme, plus de 4 000 habitants de Tùbùké, Akùkù et des déplacés internes de Minembwe et Mikenge perdront leur unique accès aux soins de base du jour au lendemain. L’urgence n’est plus seulement sanitaire, elle devient humanitaire.
