Crise humanitaire et flambée des prix des produits de base à Fizi et Baraka
dimanche 25 janvier 2026
Par Joseph Apolo
Le territoire de Fizi et la ville de Baraka, au Sud-Kivu, traversent une nouvelle phase critique marquée par une double crise humanitaire et économique. Après les affrontements armés qui ont saturé l’Hôpital Général de Référence de Fizi avec plus de 100 blessés de guerre pour 25 lits, un autre fléau qui sécoue ces entités reste celui des milliers de déplacés internes sans assistance et la flambée des prix des denrées de base.
Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), près de 1,5 million de déplacés internes dans le Sud-Kivu, dont une large proportion en territoire de Fizi, manquent d’assistance. L’administrateur du territoire, Samy Kalonji Badibanga, dénonce un abandon préoccupant de ces populations vulnérables. Parmi elles, 1.800 enfants souffrent de malnutrition sévère et plus de 6.600 présentent une malnutrition aiguë modérée, révélant une crise alimentaire alarmante.
Le territoire de Fizi reste marqué par la saturation de ses structures de santé. L’Hôpital Général, prévu pour 25 lits, hébergeait récemment 115 blessés par armes, contraignant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à installer des tentes supplémentaires et déployer une équipe chirurgicale d’urgence. La même situation a eu lieu à Sebele où une équipe de médecins y a été déployée pour organiser des cliniques mobiles à cause de la forte présence des déplacés internes, avec l'appui de l'ONG IMC (International Medical Corps). Cette situation illustre la fragilité d’un système de santé débordé, incapable de répondre simultanément aux besoins des blessés de guerre et des déplacés souffrant de malnutrition.
Dans la ville de Baraka, la flambée du prix de la farine de maïs importée a accentué la détresse des familles déjà éprouvées par les déplacements. Face à la grogne populaire, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a annoncé une baisse progressive des prix dans les prochains jours, une mesure censée apaiser les tensions sociales.
Les autorités locales et les acteurs humanitaires exhortent le gouvernement et la communauté internationale à renforcer l’assistance. La combinaison de violences armées, de déplacements massifs et de crise alimentaire menace d’aggraver une situation déjà explosive.
« Nous ne pouvons pas laisser ces populations sombrer dans l’oubli », a déclaré l'administrateur de territoire de Fizi, appelant à une mobilisation urgente pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
