Les acteurs de la société civile dénoncent le discours de haine de William Yakutumba à Fizi.
jeudi 15 janvier 2026
Par Michel Ono
Les déclarations du général autoproclamé William Amuri Yakutumba lors d’un meeting tenu ce mardi 13 janvier à Fizi-centre suscitent une vague d’indignations. Plusieurs acteurs politiques, leaders communautaires et organisations de la société civile dénoncent des propos jugés incendiaires, accusant l’ancien président Joseph Kabila et ses proches collaborateurs Néhémie Mwilanya et Lùbùnga Byaombe de représenter des “ennemis du territoire de Fizi”.
Ces propos sont diversement commentés, pour la plupart remettant en cause le statut d'un militaire de renom, bien que seigneur de guerre d'un groupe armé non étatique, pour tenir des tels propos. La jeunesse engagée pour la paix les qualifie des graves et incompatibles avec le devoir de reserve et la discipline militaire.
' Un militaire se doit de respecter la hierarchie, la neutralité et l'honneur de l'uniforme', ajoute la jeunesse engagée pour la paix, en appelant Yakutumba à opérer un choix entre rester militaire en respectant les règles qui s'y rattachent, ou de basculer en homme politique en dehors de tout cadre militaire.
Sur son compte X (anciennement Tweeter), le journaliste professionnel Byobe Malenga estime que ces paroles attisent inutilement la haine et fragilisent davantage la cohésion sociale dans une région déjà meurtrie par les conflits.
'Les discours de la haine doivent être proscrits en cette période', peut-on lire sur son compte X.
Plusieurs personnes appellent à la retenue et rappellent que les discours de division ne peuvent qu’aggraver la souffrance des populations.
' Quoi qu'il arrive, je ne soutiendrai jamais l'occupation de ce meilleur pays par le M23. D'une part, je ne soutiendrai non plus ceux qui parlent des discours extrêmement diaboliques, qu'ils soient des civils ou des militaires, etc..., car ce sont des discours d'exploitation pour conserver leurs intérêts matériels et politiques au nom de la terre ancestrale. Chers frères et chères sœurs, le pouvoir est éphémère, une roue qui tourne. Il est crucial de souligner que le territoire de Fizi et la ville de Baraka au Sud-Kivu sont devenus des vaches à lait de certaines gens dont la population civile est prise en otage pour réaliser leurs rêves en cachant leurs vraies philosophies. Ouvrons grandement nos yeux', s'indigne Echi Mfaume, un habitant de la ville de Baraka, dans le groupe WhatsApp du Conseil urbain de la jeunesse.
Plusieurs figures nationales dénoncent une instrumentalisation des tensions communautaires et exhortent les autorités à renforcer la lutte contre les discours de haine.
Les observateurs rappellent que la liberté d’expression ne doit pas servir de prétexte à la propagation de messages hostiles. Ils insistent sur la nécessité de promouvoir un langage de paix et de dialogue, afin de protéger les civils et d’éviter une escalade des violences.
