jeudi 29 janvier 2026 Fizi 05:33


La société civile dénonce de graves exactions commises par des militaires FARDC à swima



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jeudi 8 janvier 2026  

Par Hussein Jafari Fils

La société civile du groupement de Babungwe Nord, en secteur Tanganyika dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu), alerte sur une série d'exactions attribuées aux éléments des Forces Armées de la RDC (FARDC), perpétrées dans la nuit du 6 janvier 2026 dans la localité de Bakechi, à proximité du village Swima.

Selon Prince Wilondja Ndambwe, coordinateur de la Société Civile Forces Vives dans la région, les faits se sont produits aux environs de 20h00, lorsque des tirs nourris ont retenti dans le village. Ces coups de feu seraient liés à des actes de pillage commis par des militaires.

« Au total, près de 17 maisons ont été cambriolées par des hommes en uniforme, lourdement armés », rapporte le responsable local.

Parmi les incidents les plus choquants figure la tentative de viol d’une jeune femme, qui a réussi à échapper à son agresseur en se réfugiant chez des voisins. La population s’est mobilisée pour la protéger, et a maîtrisé un militaire, récupérant son arme avant de la remettre aux autorités militaires locales.

Face à cette résistance civile, les militaires auraient réagi par une forte détonation de balles dans le village. Un jeune homme nommé Alekela a été grièvement blessé par balle à la jambe alors qu’il tentait de regagner son domicile. Il a été transféré à l’hôpital pour y recevoir des soins.

Dans un autre incident survenu le même soir, une fille déplacée interne âgé de 17 ans, résidente temporaire à Swima, aurait été enlevée et violée par des militaires FARDC. Deux jours après les faits, la victime n’a toujours pas reçu d’assistance médicale adéquate, malgré un état de santé alarmant.

Face à l’ampleur de ces abus, les autorités militaires se sont déplacées à Swima le 7 janvier et ont annoncé le redéploiement des troupes impliquées vers d’autres zones comme Makobola et Munene. Mais pour la société civile, cela ne suffit pas.

« Nous appelons à des sanctions exemplaires contre les militaires auteurs de viols, de pillages et d’intimidations envers la population. L’armée est censée protéger, pas traumatiser les civils. Il est temps que justice soit rendue », a déclaré Prince Wilondja.
Cette situation s’inscrit dans un climat général d’insécurité croissante dans le territoire de Fizi, où les actes d’abus militaires deviennent récurrents. La société civile insiste sur la nécessité de restaurer la discipline au sein des forces régulières et d’assurer une vraie protection des populations civiles.

À la date du 8 janvier, la localité de Bakechi retrouvait un calme précaire, mais la peur et la méfiance persistent dans les esprits.


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