Entre exil et retour : incertitude des réfugiés congolais de Rumonge et les déplacés internes d'Ubwari
mardi 30 décembre 2025
Par Joseph Apolo
Alors que des milliers de Congolais ont fui vers le Burundi les violences dans le territoire de Fizi (à Makobola) entre les rebelles de l'AFC/M23 et les FARDC appuyés par les Wazalendo après la chute de la ville d'Uvira aux mains des rebelles, des mouvements de retour spontanés sont désormais signalés depuis Rumonge. Dans le même temps, la presqu’île d’Ubwari a accueilli un nombre croissant de déplacés internes, confrontés à des conditions humanitaires précaires.
Depuis la mi-décembre, certains réfugiés congolais installés à Rumonge au Burundi ont entrepris de regagner leurs localités d’origine. Ces retours, souvent motivés par la saturation des sites d’accueil et le manque de ressources, restent précaires. Les organisations humanitaires rappellent que la sécurité dans Fizi et Uvira demeure instable, exposant ces familles à de nouveaux déplacements. Des sources locales de la société civile sur place à Baraka témoignent que trois embarcations remplies des congolais qui se sont enfui vers le Burundi ont accosté aujourd'hui au Beach Mwemezi en provenance de Rumonge. ' Cela fait suite à d'autres embarcations qui ont précédement accosté la semaine passée. D'autres, qui se sont déplacés vers Sebele et la presqu'île d'Ubwari commencent à rentrer timidement à Baraka', ont indiqué ces sources de la société civile de Baraka.
Située sur le lac Tanganyika, la presqu’île d’Ubwari est devenue un refuge pour des milliers de déplacés internes. Les communautés locales, déjà vulnérables, peinent à absorber cet afflux. Les besoins en eau potable, nourriture et soins de santé sont criants, tandis que les risques de maladies comme le choléra augmentent.
Entre les retours incertains de Rumonge et l’accueil des déplacés à Ubwari, les acteurs humanitaires et civils doivent faire face à un double défi : protéger les populations en mouvement et prévenir une crise sanitaire majeure. Les appels à la solidarité et à la non-violence se multiplient, invitant les autorités et les notables à privilégier la protection des civils. Cette situation illustre la complexité de la crise au Sud-Kivu.
Dernièrement, la société civile de Baraka avait mobilisé les populations à ne pas abandonner leurs domiciles au risque d'aller s'exposer davantage dans leurs lieux d'accueil.
