Introduction de l’épreuve orale d’anglais dès l’Examen d’État 2026 en RDC
jeudi 6 novembre 2025
Par Hussein Jafari Fils
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la réforme du système éducatif en République Démocratique du Congo. À travers une note circulaire signée le 4 novembre 2025, l’Inspection Générale de l’Éducation Nationale et de la Nouvelle Citoyenneté a annoncé l’introduction officielle de l’épreuve orale d’anglais à partir de la session de l’Examen d’État 2026.
Adressée à toutes les autorités scolaires à travers le pays, cette directive vise à mieux préparer les élèves congolais à un monde de plus en plus globalisé. « La langue anglaise prend une place croissante dans les affaires, la technologie et la recherche scientifique. Il est essentiel que nos élèves soient capables de rivaliser sur le marché de l’emploi international », peut-on lire dans le document.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre de la loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014, qui encourage une éducation de qualité, ouverte au monde et capable de former une élite nationale. L’épreuve orale concernera toutes les options des Humanités dès l’année scolaire 2025-2026.
Cependant, sur le terrain, notamment dans des zones comme Fizi et Baraka au Sud-Kivu, cette décision suscite des interrogations. Enseignants et parents expriment leurs doutes quant à la capacité réelle des écoles rurales à faire face à cette innovation, faute d’enseignants qualifiés et de ressources pédagogiques adéquates.
« C’est une bonne initiative, mais dans nos écoles, nous manquons cruellement de professeurs formés en anglais. Comment nos élèves peuvent-ils affronter une épreuve orale sans même maîtriser les bases ? », s’interroge Jonathan Bisimwa, enseignant à Baraka.
Un sentiment partagé par plusieurs parents, dont Mme. Agnès Malembe, mère d’un finaliste à Fizi : « Nous ne sommes pas contre le progrès, mais il faudrait que le gouvernement renforce les capacités là où les besoins sont les plus criants. Sinon, nos enfants seront désavantagés dès le départ. »
Face à ces préoccupations, des voix s’élèvent pour appeler à un accompagnement réel de cette réforme : mise à niveau des enseignants, fourniture de manuels d’anglais adaptés, mais aussi introduction progressive de la langue anglaise dès les premières années du secondaire pour mieux préparer les élèves à cette exigence.
« Si cette réforme est bien encadrée, elle peut réellement transformer l’avenir de l’éducation en RDC. Mais elle doit tenir compte des réalités de toutes les provinces », conclut M. Kitenge Mbuyi, inspecteur provincial.
L’épreuve orale d’anglais à l’Examen d’État représente donc un pas important vers la modernisation du système éducatif congolais. Mais sa réussite dépendra de la capacité du ministère à assurer une mise en œuvre inclusive, équitable et adaptée aux réalités locales.
