Le conclave de Nairobi : vers une opposition congolaise en exil?
mardi 14 octobre 2025
Par Joseph Apolo
Dans un climat politique tendu, marqué par la condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila par la justice militaire congolaise, un conclave inédit s’est tenu dans la capitale kenyane. Pendant deux jours, du 14 au 15 octobre, plusieurs figures de l’opposition congolaise se sont réunies autour de Kabila, relançant les spéculations sur une recomposition politique hors des frontières de la RDC.
Parmi les participants, on retrouve d’anciens cadres du Front Commun pour le Congo (FCC) tels que Néhémie Mwilanya, Félix Kabange Numbi, José Makila, Raymond Tshibanda, Théophile Mbemba, des exilés politiques, et des représentants de mouvements citoyens en rupture avec le pouvoir actuel. Les opposants Matata Ponyo Mapon du LGD, Seth de Piste, Franck Diongo ont fait le déplacement de Nairobi au Kenya. Les grands absents sont Moïse Katumbi de Ensemble, Martin Fayulu d'Ecidé, Jean-Marc Kabund-A-Kabund de l'Alliance pour le Changement et Delly Sessanga de Envol. Le conclave, présenté comme un « forum de réflexion stratégique », a abordé les questions de gouvernance, de justice transitionnelle, et de mobilisation internationale.
Mais derrière les discours, une réalité s’impose : l’opposition peine à se structurer sur le territoire national, et ce rassemblement pourrait marquer le début d’une stratégie d’influence depuis l’étranger.
La condamnation de Joseph Kabila pour « trahison » et « participation à un mouvement insurrectionnel » divise profondément. Pour ses partisans, il s’agit d’un procès politique visant à neutraliser toute alternative crédible. Pour le gouvernement, c’est une réponse ferme à des actes jugés déstabilisants.
Le conclave de Nairobi, loin d’apaiser les tensions, pourrait accentuer la polarisation entre institutions et opposants, surtout si des alliances transnationales se forment.
La tenue de ce conclave hors du territoire congolais interpelle. Elle révèle le rôle croissant de la diaspora dans les dynamiques politiques, mais aussi les limites du débat démocratique en RDC. Les partenaires internationaux, souvent discrets face aux tensions internes, pourraient être appelés à jouer un rôle de médiation ou de garant des droits politiques.
Ce conclave pose une question centrale : peut-on reconstruire une opposition crédible depuis l’exil?? Et si oui, à quelles conditions?? Pour les acteurs de la société civile, il est urgent de promouvoir un dialogue inclusif, fondé sur la transparence, la justice, et l’écoute des aspirations populaires comme on pouvait le lire dans une note de plaidoyer de la société civile du Sud-Kivu adressée au Président Félix Tshisekedi.
