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L’Ouganda exhorte la RDC à organiser une milice d’autodéfense face aux attaques des ADF.



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mercredi 8 octobre 2025  

Par Byobe Malenga 

Face à la recrudescence des atrocités commises par les rebelles ADF et à la menace persistante qui pèse sur les populations civiles, l’armée ougandaise, engagée aux côtés des FARDC dans l’opération conjointe “Shujaa” au Nord-Kivu et en Ituri, propose la mise en place de mécanismes communautaires d’autodéfense.

Le mardi 7 octobre, le général-major Stéphane Mugerwa des UPDF a soumis cette recommandation au gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu.

« J’ai invité le gouverneur à consulter sa hiérarchie afin d’instaurer un système de défense locale. Ainsi, lorsque les troupes FARDC et UPDF seront déployées en profondeur, ces unités civiles pourraient assurer la sécurité des zones habitées. Cela pourrait améliorer la situation », a-t-il déclaré.

Cette suggestion, bien que réitérée à plusieurs reprises, n’a jamais été concrétisée par les autorités congolaises. En 2021, maître Sekera Kasereka, député du Nord-Kivu, avait tenté d’introduire un projet de loi en ce sens, resté sans suite.

« C’est la seule issue viable. Depuis 2014, les tueries durent des heures sans que l’armée n’intervienne ou arrive trop tard. La législation permet, en cas de légitime défense, l’usage d’armes équivalentes à celles des assaillants. Puisque les agresseurs sont armés, il faut équiper certains habitants avec des armes à feu, encadrées par une loi », plaide le juriste, saluant l’initiative ougandaise.

De son côté, maître Djimmy Peruzi, ancien conseiller au ministère de la Jeunesse, avait déjà milité pour l’instauration d’un service militaire obligatoire comme réponse aux attaques djihadistes. Dans la même veine, les acteurs locaux ont maintes fois interpellé Kinshasa pour armer les civils face à la guerre asymétrique menée par les ADF — sans succès.

Cette proposition refait surface, portée cette fois par un allié étranger, alors que les assauts contre les villages se sont intensifiés depuis juillet. D’après des sources issues de la société civile, entre les 10 et 11 juillet, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans une série d’attaques dans le territoire d’Irumu (Ituri).

Le 27 juillet, un massacre a été perpétré par les ADF à Komanda, coûtant la vie à au moins 43 fidèles réunis en prière. D’autres violences ont suivi dans le territoire de Beni. Et dans la nuit du 8 au 9 septembre, environ 60 civils ont été tués à Ntoyo, dans le Lubero (Nord-Kivu).

Les assaillants contournent fréquemment les positions militaires pour frapper des zones non défendues. Faute de réaction rapide des forces de sécurité, les civils sont souvent les premières victimes. Le 2 octobre, le Nord-Kivu a commémoré les premières attaques sanglantes de 2014. Un rapport récent d’une ONG locale à Beni fait état de près de 15 000 morts en une décennie, sans compter les pertes matérielles.

Malgré les multiples offensives menées par les FARDC, désormais épaulées par l’armée ougandaise, les rebelles demeurent insaisissables et semblent étendre leur champ d’action vers la province de la Tshopo, selon plusieurs alertes.


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