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Suspension temporaire d’octroi des permis de culte et certificats de nationalité en RDC



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lundi 29 septembre 2025  

Par Joseph Apolo

Le ministère de la Justice de la République démocratique du Congo a annoncé une suspension temporaire de cinq semaines dans la délivrance des permis de culte, certificats de nationalité et documents de personnalité juridique. Cette décision, prise dans un contexte de lutte contre la corruption et les réseaux parallèles, marque un tournant dans la gestion administrative du pays.

Selon le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, cette suspension vise à « démanteler les circuits informels » qui gangrènent les services publics. Des enquêtes internes ont révélé l’existence de pratiques frauduleuses, notamment la vente illégale de documents officiels et l’implication de certains agents dans des réseaux de trafic administratif.

«Il s’agit de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions et d’assurer un service de qualité aux Congolais », a déclaré le ministre lors d’un point de presse ce dimanche 28 septembre.

Cette suspension affecte directement les citoyens en attente de documents essentiels pour leur reconnaissance légale, leur mobilité ou leur exercice religieux. Les confessions religieuses, les ONG, et les structures communautaires sont également impactées, notamment dans leurs démarches de légalisation ou de renouvellement.

Des voix s’élèvent déjà pour demander des mécanismes d’urgence afin de ne pas pénaliser les usagers de bonne foi.

Au-delà de la suspension, le ministère annonce un audit complet des procédures et une refonte des mécanismes de délivrance. Des experts en gouvernance et des acteurs de la société civile appellent à une réforme plus profonde, incluant :

  • La numérisation des services administratifs.
  • La transparence des critères d’attribution.
  • La responsabilisation des agents publics.

La société civile salue cette initiative tout en appelant à une vigilance citoyenne accrue :

« Cette suspension est une opportunité pour repenser nos institutions. Mais elle ne sera utile que si elle débouche sur des mécanismes durables, inclusifs et transparents. », a réagi un acteur de la société civile du Sud-Kivu qui a requis l'anonymat.

Dans un pays où les documents d’identité sont souvent instrumentalisés à des fins politiques ou communautaires, cette mesure soulève des questions de fond sur la relation entre l’État et ses citoyens. Elle interpelle sur la nécessité d’un État de droit capable de garantir l’égalité d’accès aux droits fondamentaux.


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