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Les enseignants en colère exigent des réponses concrètes du Gouvernement à leurs revendications



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mercredi 27 août 2025  

Par Justin Paluku 

Le climat social dans le monde de l’éducation congolaise s’assombrit. Réunis en Assemblée Générale Extraordinaire, les membres de l’Intersyndicale des Syndicats des Enseignants du Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté ont dressé un constat alarmant : les engagements pris par le Gouvernement lors des Commissions paritaires de Bibwa et Mbankana restent largement lettre morte.

Malgré quelques avancées timides, comme le versement partiel de la prime de rentrée scolaire (100.000 FC) et la relance de la mutuelle de santé, les syndicats dénoncent une série de promesses non tenues. Le ton est monté, et les griefs sont nombreux : salaires stagnants, primes versées de manière inéquitable, enseignants non rémunérés dans plusieurs provinces, absence de matricules administratifs, diplômes non délivrés, retraités oubliés, et dysfonctionnements persistants dans les établissements publics.

La liste des revendications non satisfaites s’allonge : du non-respect du troisième pallier salarial à la non-régularisation des agents du Secrétariat Général et de l’Inspection Générale, en passant par le retard dans la délivrance des bulletins scolaires et le non-paiement des intervenants aux examens nationaux. Les syndicats pointent également le manque de considération pour les enseignants non payés (N.P et N.U), notamment dans les écoles conventionnées, et l’absence de statut officiel pour les inspecteurs et enseignants.

L’Intersyndicale ne cache pas son indignation face à ce qu’elle considère comme une inertie gouvernementale. Elle critique ouvertement la posture du Chef de l’État, jugée déconnectée des réalités du terrain, notamment des Ministres du 22 août 2025. Pour les syndicats, cette attitude traduit une mauvaise foi manifeste et un mépris des engagements antérieurs.

En réponse, un préavis de grève a été lancé, couvrant la période du 26 au 29 août. Une nouvelle Assemblée Générale est prévue le 30 août pour décider des suites à donner au mouvement. Les enseignants exigent une réaction immédiate des autorités, et interpellent directement le Président de la République afin qu’il instruise les ministères concernés — Éducation, Fonction Publique, Budget et Finances — à honorer sans délai les engagements pris.

Dans un pays qui se veut régi par l’État de droit, rappellent les syndicats, le respect des accords sociaux n’est pas une faveur, mais une obligation.


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