Néhémie Mwilanya dénonce une manipulation politique de l'identité de Joseph Kabila
vendredi 22 août 2025
Par Joseph Apolo
Le procès visant l'ancien Chef de l'État devant la haute cour militaire, a de nouveau, repris ce jeudi 21 août à Kinshasa. Ce dernier est accusé de collaborer avec les rebelles de l'AFC/M23 et pointé du doigt, par le régime de Tshisekedi, comme le patron de ce mouvement rebelle. Si Kabila est réellement responsable de la rébellion de l'AFC/M23 qui occupe des pans entiers du territoire national au Nord et au Sud-Kivu, ce qu'il serait reconnu coupable de haute trahison pour avoir violé son obligation de patriotisme en tant qu'ancien chef d'État, conformément à l'alinéa 4 de l'article 5 de la loi portant statut des anciens chefs d'État et chefs de corps constitués.
Depuis le début de ce procès devant la haute cour militaire, les avocats de la République ne font que s'attaquer à l'identité de Joseph Kabila, remettant en cause sa nationalité congolaise, ce que plusieurs analystes considèrent comme une théâtralisation de la vie politique congolaise et une désorientation du procès visant quelqu'un qui a occupé les hautes fonctions de l'Etat. Beaucoup se demandent même la question de savoir de quoi est accusé Joseph Kabila. Est-il accusé de ne pas être congolais ou de soutenir réellement la rébellion de l'AFC/M23?
Pour rappel, à l'ouverture de ce procès, la haute cour militaire avait elle-même décliné l'identité congolaise de Joseph Kabila.
C'est pour dénoncer l'élan d'orientation de ce procès que l'ancien Directeur de cabinet de l'ex-président Joseph Kabila, le Professeur Nehemie Mwilanya, a dénoncé ce qu’il qualifie de 'crime d’État', en réaction aux récentes polémiques autour de l’identité de l’ancien chef d’État congolais.
« Manipuler l'identité d'un ancien Chef d'État, fils d'un héros national, dont la mère biologique ainsi que les membres de la fratrie sont vivants, juste à des fins politiciennes est un crime d'État », a déclaré Mwilanya sur son compte X, anciennement Tweeter, pointant du doigt les manœuvres politiques visant à ternir l’image de Joseph Kabila.
Pour Mwilanya, ces attaques ne sont pas seulement diffamatoires, mais potentiellement dangereuses pour la stabilité nationale.
« Ces plaies que l'on ouvre à cœur joie aujourd'hui seront difficiles à panser demain », a-t-il ajouté, mettant en garde contre les conséquences durables de telles stratégies politiciennes.
La question de nationalité congolaise a toujours été un levier sur lequel s'accrochent certains acteurs politiques congolais pour se faire entendre devant leurs bases électorales et se faire accepter facilement. Serait-il là la logique derrière l'orientation de ce procès ? La déclaration de Mwilanya ravive les tensions entre les partisans de l’ancien régime et les acteurs du pouvoir actuel, dans un contexte où les enjeux politiques autour de la succession, de la mémoire nationale et de la cohésion restent sensibles.
Cette polémique intervient dans un contexte particulier où la République démocratique du Congo fait face à la guerre menée par la rébellion de l'AFC/M23 appuyée par le Rwanda, selon les rapports des Nations Unies, et où la cohésion nationale est voulue de tous les congolais pour consolider l'unité nationale.
