jeudi 29 janvier 2026 Fizi 07:19


Matata Ponyo Mapon en exil après sa condamnation par la Cour constitutionnelle



Image

dimanche 3 août 2025  

Par Justin Mupanya

L’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, Matata Ponyo, a quitté le pays et vit désormais en exil, a annoncé ce samedi son parti politique Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD).

Cette annonce intervient plus de deux mois après sa condamnation à dix ans de servitude pénale par la Cour constitutionnelle pour détournement de fonds publics dans le dossier du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, évalués à plus de 200 millions de dollars.

Absent à l’audience finale, Matata Ponyo avait alors dénoncé une procédure « politisée », avant de disparaître de la scène publique.

Le secrétaire général du LGD, Francklin Tshiamala, affirme avoir eu l’ancien chef du gouvernement au téléphone lors d'un point de presse tenu au siège national du parti.

« Il nous a déclaré avoir été contraint à l’exil par les autorités, en violation de l’article 30 alinéa 2 de la Constitution », a-t-il déclaré, sans révéler la destination actuelle de l’intéressé.

Le LGD dénonce « un arrêt inconstitutionnel » rendu par la Cour constitutionnelle, ayant conduit à la condamnation par défaut de M. Matata Ponyo, qu’il qualifie d’« inapplicable » et de « honte pour la justice congolaise devenue un appendice du pouvoir exécutif ».

Selon M. Tshamala, « en quatre ans d’un procès politique injuste et sensationnel », l’ancien Premier ministre, son épouse et ses enfants « ont été torturés moralement et physiquement » et « leurs droits fondamentaux garantis par la Constitution ont été systématiquement violés ».

Il a affirmé que deux millions de dollars du cabinet d’études de M. Matata avaient été « détournés par le gouvernement », et dénoncé une « mise en résidence surveillée illégale », des « perquisitions violentes », la « casse » de biens personnels, ainsi que « l’empoisonnement » de M. Matata, qui se serait vu interdire de soins médicaux à l’étranger.

Le parti accuse également la Direction générale des migrations (DGM) d’avoir confisqué le passeport de sa fille le 30 mai, alors qu’elle devait se rendre aux États-Unis pour ses études, et d’avoir interdit à son épouse de quitter le territoire.

Aucune réaction officielle des autorités congolaises n’a été enregistrée jusqu’à présent.


,