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Retrait immédiat de l’AFC-M23: Kinshasa jubile, le M23 dément. Qui dit vrai ?



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samedi 19 juillet 2025  

Par Moïse Kashala 

' La déclaration des principes » signée ce samedi 19 juillet à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 était censée marquer une avancée vers la paix. Elle sème plutôt le doute, la confusion… et un parfum d’enfumage politique.

Alors que les Congolais espéraient voir s’amorcer un véritable tournant dans la crise sécuritaire à l’Est, le dialogue de sourds entre les deux parties semble plonger le pays dans une énième zone grise.

Pour Kinshasa, il ne fait aucun doute : la rébellion doit quitter les zones qu’elle occupe. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, est catégorique : « Le retrait non négociable de l’AFC/M23 est une ligne rouge respectée dans la déclaration. » Il évoque même un appui des résolutions internationales, comme la 2773 du Conseil de sécurité, pour donner du poids à la version officielle.

Mais du côté du M23, c’est la douche froide. Benjamin Mbonimpa, chef de la délégation rebelle, jette un pavé dans la mare : « Nulle part dans la déclaration, on ne parle d’un retrait immédiat. Nous ne reculerons pas d’un mètre. ».

Pire encore, Bertrand Bisimwa enfonce le clou : « Il ne s’agit pas de retrait, mais de mécanismes de capacitation de l’État. » En clair : pas de départ, mais une cohabitation déguisée ?

Ce qui est en jeu ici dépasse la simple sémantique diplomatique

Le pouvoir congolais joue-t-il sur l’optimisme diplomatique pour calmer l’opinion ? Le M23 exploite-t-il cette ambiguïté pour se maintenir, en toute légalité, dans les zones occupées ?

Si l’opinion publique congolaise espérait un désengagement immédiat de l’AFC/M23, les déclarations contradictoires post-Doha jettent une ombre épaisse sur cette perspective.

La déclaration de Doha prévoit une mise en œuvre des résolutions dans les dix jours.

Mais comment appliquer ce qui n’est même pas clairement défini ? Sans retrait officiel, sans chronogramme vérifiable, sans garantie d’exécution, Doha risque de n’être qu’un mirage.

Affaire à suivre !


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