Malgré son apport économique dans la production cacaoyère au Nord-Kivu, Ntoma reste toujours marginalisé
samedi 5 juillet 2025
Par Justin Mupanya
Situé dans le groupement Malambo, au cœur du secteur de Ruwenzori (territoire de Beni), le village de Ntoma s’impose comme un acteur majeur de la filière cacaoyère au Nord-Kivu. Avec une production hebdomadaire estimée à près de 10 tonnes de cacao pour une population de plus de 3 000 habitants, cette localité contribue de manière significative à l’économie locale. Pourtant, elle demeure cruellement négligée en matière d’infrastructures de base.
Selon la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), Ntoma ne dispose ni d’établissement scolaire, ni de centre de santé, ni même d’un accès sécurisé à l’eau potable. La localité est également privée de routes praticables, de marché, de couverture mobile et d’espaces communautaires. Un paradoxe inquiétant pour un village aussi productif.
« Ce village génère d’importants revenus grâce à la culture du cacao, mais il reste exclu des efforts de développement. Il n’existe pas une seule école, ni une structure sanitaire digne de ce nom. C’est une injustice sociale flagrante », s’indigne Mumbere Meleki Mulala, coordonnateur de la NSCC dans le secteur de Ruwenzori.
Dans une déclaration à la presse, ce dernier interpelle les autorités sur ce qu’il qualifie d’« abandon institutionnel » :
« Nous ne pouvons pas continuer à contribuer à la richesse nationale tout en étant privés du minimum vital. Les pouvoirs publics doivent agir d’urgence pour désenclaver Ntoma, y construire des écoles et des centres de santé, et garantir l’accès aux services de base. », ajoute-t-il.
Face à l’absence d’infrastructures, les habitants sont contraints de se rendre dans les centres urbains voisins tels que Beni, Bulongo, Mutwanga, Lume ou encore Bashu, pour se faire soigner, étudier ou accéder à d’autres services essentiels.
La société civile plaide ainsi pour une politique de développement rural plus équitable, tenant compte du potentiel économique réel des zones enclavées. Elle réclame notamment :
- La construction d’infrastructures scolaires et sanitaires ;
- La réhabilitation des routes d’accès ;
- L’extension de la couverture mobile ;
- La création de marchés locaux et d’espaces communautaires.
Ce cri d’alarme relance avec acuité le débat sur la nécessité d’un développement équilibré en République Démocratique du Congo, où de nombreuses zones rurales – bien qu’économiquement dynamiques – restent encore ignorées par les politiques publiques.
