Félix Tshisekedi déclare une offensive nationale contre les violences sexuelles liées aux conflits en RDC
vendredi 4 juillet 2025
Par Justin Mupanya
Lors du conseil des ministres de ce vendredi, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a exprimé la volonté ferme de son gouvernement de renforcer la lutte contre les violences sexuelles en contexte de conflit armé, qualifiant ces crimes de fléau qui défigure la nation, brise les communautés et offense l’humanité.
En 2023, plus de 123 000 cas ont été recensés officiellement, et de nombreux autres signalés par des organisations telles que le CICR et Médecins Sans Frontières.
Le chef de l’État a souligné la responsabilité de certaines composantes des forces de sécurité, évoquant des violences documentées au sein de l’armée, de la police nationale et des volontaires de défense. Il a rappelé les engagements pris par la RDC auprès des Nations Unies en 2013, consolidés en 2019 par un addendum contraignant, et a annoncé la mise en place d’une feuille de route opérationnelle avec la sous-secrétaire générale de l’ONU, Mme. Pramila Patten, visant à établir des actions concrètes et mesurables.
Le président a donné des instructions claires à plusieurs membres du gouvernement :
- Le ministre de l’Intérieur doit mettre en œuvre un plan d’action dans la police et sanctionner les agents impliqués.
- Le ministre de la défense est chargé d’exclure les militaires coupables de violences.
- Les ministres de la Justice, des Affaires étrangères et la coordination présidentielle chargée de la jeunesse, des femmes et de la lutte contre la traite doivent renforcer la redevabilité, engager des poursuites judiciaires et publier des rapports périodiques.
Un rapport d’exécution est attendu dans un délai de 30 jours, traduisant la volonté présidentielle d’agir rapidement.
Cette initiative pourrait ouvrir la voie à une politique nationale de protection durable contre les violences sexuelles, à condition que les mesures soient effectivement appliquées et que les victimes soient entendues.
