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Un militant de l’UDPS meurt dans une altercation entre les camps Kabuya et Bizibu



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samedi 7 juin 2025  

Par Moïse Kashala


Un militant de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a été tué ce vendredi à Limeté, dans la commune qui abrite le siège historique du parti présidentiel. Ce drame s’inscrit dans un climat de fortes tensions internes qui opposent deux factions rivales : celle de l’ancien secrétaire général Augustin Kabuya et celle de son successeur contesté, Déo Gracia Bizibu.

La victime, identifiée comme Wampanga Kabasele, serait un proche du camp Bizibu. Selon les premières informations recueillies auprès de témoins et de sources policières, il aurait été violemment agressé par des membres supposés de l’aile pro-Kabuya. Malgré une intervention tardive des forces de l’ordre, Kabasele a succombé à ses blessures. Plusieurs suspects ont été interpellés et sont actuellement en garde à vue.

Ce décès vient alourdir un conflit politique interne qui couvait depuis plusieurs mois au sein du parti au pouvoir. La crise a éclaté au grand jour le 11 août 2024, lorsque la Convention Démocratique du Parti (CDP), principal organe décisionnel de l’UDPS, a officiellement révoqué Augustin Kabuya de ses fonctions de secrétaire général. Il a été remplacé par Déo Gracia Bizibu, désigné secrétaire général par intérim. Cette décision, loin de pacifier les rangs, a accentué les clivages, déclenchant une série d’affrontements verbaux, organisationnels, et désormais physiques.

Ce qui n’était au départ qu’un différend sur l’orientation du parti s’est transformé en une lutte ouverte pour le contrôle de l'appareil politique de l’UDPS. D’un côté, les fidèles de Kabuya dénoncent un « coup de force » orchestré par des « infiltrés » du pouvoir ; de l’autre, les partisans de Deo Bizibu réclament l’application des résolutions du CDP et la réorganisation d’un leadership jugé déconnecté de la base.

L’assassinat de Wampanga Kabasele marque un tournant tragique dans cette crise. Il rappelle que les querelles de sommet peuvent avoir des répercussions dramatiques sur les militants de terrain, souvent instrumentalisés dans des batailles de pouvoir qui les dépassent.

« Quand les éléphants se battent, ce sont les herbes qui souffrent », dit un proverbe africain. Et à l’UDPS, ce sont les simples militants, souvent dévoués corps et âme à leur parti, qui paient le prix d’un conflit dont l’issue reste incertaine.


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