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Des élus de la RDC fustigent les restrictions imposées par le CSAC aux médias



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samedi 7 juin 2025  

Par Moïse Kashala


Des voix s’élèvent au sein de l’Assemblée nationale pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une atteinte grave à la liberté de la presse en République démocratique du Congo. Plusieurs députés, issus aussi bien de l’Union sacrée que de l’opposition, ont critiqué avec virulence Christian Bosembe, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), l’accusant de dérives autoritaires.

Leur colère fait suite à une mesure controversée du CSAC interdisant aux médias de diffuser des informations ou des activités en lien avec l’ancien président Joseph Kabila et son parti, le PPRD. Cette décision, qualifiée de censure par les parlementaires, a été au cœur des débats lors de la présentation du rapport annuel de l’institution devant l’Assemblée nationale, le vendredi 6 juin.

Les députés Séverin Bamani, Boris Mbuku et Christian Mwando ont pris la parole pour condamner ce qu’ils considèrent comme une violation flagrante des droits garantis par la Constitution. « Le président du CSAC se permet de suspendre les droits des journalistes et de la population », a dénoncé Christian Mwando devant ses collègues.

De son côté, Boris Mbuku a insisté sur le fait qu’aucune situation, pas même une crise sécuritaire comme l’occupation partielle du territoire par des groupes armés, ne saurait justifier le non-respect des lois de la République.

Face à ces critiques, Christian Bosembe a tenté de calmer les inquiétudes. Il a affirmé que sa décision n’avait pas pour but de réduire les médias au silence, mais plutôt d’encourager une couverture responsable des faits politiques. « Il ne s’agit pas d’effacer Joseph Kabila de l’histoire nationale. Les médias peuvent évoquer son rôle, mais avec discernement », a-t-il précisé.

À noter que Joseph Kabila séjourne actuellement à Goma, une ville partiellement contrôlée par les rebelles de l’AFC/M23. Sur place, il mène des consultations avec diverses forces vives — autorités coutumières, responsables religieux et groupes de femmes — en vue de proposer des pistes de sortie de crise dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en proie à une insécurité persistante depuis le début de l’année 2025.


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