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En France, l'Assemblée nationale a adopté une loi portant droit à l'aide à mourir



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mercredi 28 mai 2025  

Par Joseph Apolo Msambya

Les députés français ont adopté, ce mardi 27 mai, à une large majorité, une nouvelle loi portant droit à l’aide à mourir. Ce texte de loi vise à permettre aux personnes atteintes d'une affection grave et incurable en phase avancée ou terminale de demander une aide médicale pour mettre fin à leur vie dans un cadre strictement encadré. Cette proposition de loi a été adoptée en première lecture par 305 voix pour et 199 contre, avec 57 abstentions. L'on rapporte que ce vote a transcendé les clivages partisans, en divisant la plupart des familles politiques. Aucun groupe parlementaire n’a voté de façon unanime pour ou contre le texte, à l’exception des seize députés ciottistes de l’Union des droites pour la République, qui s’y sont tous opposés. Les résultats globaux de vote attestent que la proposition de loi a été adoptée avec 60,52%.

Les élus des quatre groupes de gauche ont majoritairement voté en faveur de la proposition, tout comme les centristes du MoDem et les macronistes de Renaissance. Le groupe de centre droit Horizons, fidèle à Edouard Philippe, s’est divisé presque à 50/50, tout comme les indépendants du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT). A l’inverse, les Républicains et le Rassemblement national l’ont largement rejetée.

Le texte prévoit que le malade devra s’administrer lui-même le produit létal (suicide assisté). Toutefois, si cela est physiquement impossible, un médecin ou un infirmier pourra procéder à l’administration (euthanasie), mais cela restera une exception. Les députés réunis en commission spéciale ont écarté l'ouverture du droit à mourir pour les mineurs, tout comme la possibilité pour les patients qui ne pourraient pas manifester leur volonté d'être euthanasiés sur la foi de leurs directives anticipées. Les malades d'Alzheimer ou d'autres démences sont donc exclus, même s'ils ont fait part de leur choix avant que leurs capacités mentales se dégradent.

A la veille du débat en séance du 12 mai dernier, le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, s’était, une nouvelle fois, insurgé contre « un texte de rupture anthropologique » et « profondément déséquilibré » dans Le Journal du dimanche du 11 mai. Dans Le Parisien, lundi, la ministre du travail, de la santé et des solidarités, Catherine Vautrin, avait, au contraire, défendu le texte qui, dit-elle, crée « une alternative à des souffrances intolérables qui ne trouvent aucune réponse ».

Le Sénat examinera cette loi à l'automne 2025. Ce sujet suscite un débat intense en France, notamment sur les aspects éthiques et les garanties nécessaires pour éviter les abus.


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