La dictature doit prendre fin en RDC, a dit Joseph Kabila lors d'un discours streamé
samedi 24 mai 2025
Par Joseph Apolo Msambya
Le président honoraire de la République démocratique du Congo et sénateur à vie, Joseph Kabila Kabange, a prononcé une rare allocution dans laquelle il a déclaré que «la dictature doit prendre fin». Ce discours intervient au lendemain de la levée de son immunité parlementaire à laquelle il n'a même pas fait allusion.
«La dictature doit prendre fin et la démocratie tout comme la bonne gouvernance économique et sociale doit être restaurée», a déclaré l'ancien chef d'État (2001-2019).
Joseph Kabila a, dans son speech, fustigé la gestion actuelle du pays alors qu'à son départ, il avait légué un pays réunifié, largement pacifié ; une nation reconstituée, réconciliée et fière de sa diversité ; un État doté d’une Constitution progressiste, et des institutions fonctionnant harmonieusement ; une économie dynamique et résiliente ; une armée nationale républicaine, de plus en plus professionnelle et capable de relever le défi de la défense de l’intégrité du territoire national et une démocratie en constante consolidation avec, notamment, l'organisation, sur fonds propres, d’un troisième cycle électoral. Kabila se désole que tout ceci soit jeté en pâture.
«Le régime de Kinshasa a pris des décisions arbitraires sur la base de simples rumeurs», a-t-il affirmé, assurant vouloir participer au changement.
Joseph Kabila avait déjà surpris en avril en annonçant son retour en RDC par l’Est, sans que sa présence n’ait été confirmée depuis. Dans la foulée de cette déclaration, les autorités ont suspendu les activités de son parti, le PPRD, perquisitionné plusieurs de ses résidences et lancé une procédure judiciaire. Accusé de trahison, de participation à une rébellion, à des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Joseph Kabila est désormais visé par la justice militaire, qui dit détenir «un faisceau de preuves», dont un témoignage évoquant une conversation avec un chef de l'AFC/M23 autour d’un complot orchestré par le Rwanda pour assassiner l’actuel président Félix Tshisekedi. Joseph Kabila y aurait exprimé sa préférence pour un coup d’État militaire, estimant qu’un assassinat ferait de Tshisekedi un «martyr».
L'analyste Trésor Kibangula estime que Joseph Kabila reste une «présence encombrante» pour le régime, malgré une faible popularité. Selon lui, l’ex-président aurait néanmoins conservé des relais dans l’armée, ce qui expliquerait la volonté du pouvoir de l’écarter par la force judiciaire. L’indépendance de cette dernière reste, elle, régulièrement contestée dans le pays.
