Goma, prison à ciel ouvert : l’appel à l’action du député Muhozi face à la barbarie du M23
dimanche 18 mai 2025
Par Moïse Kashala
Dans un communiqué publié ce 14 mai sur rnanews.net, le député Ngaruze Muhozi lance un appel à une mobilisation générale pour stopper l’avancée du M23. L’élu du Nord-Kivu exhorte le gouvernement congolais à agir sans délai.
« Depuis le 28 janvier 2025, Goma, capitale du Nord-Kivu, est devenue une prison à ciel ouvert sous le contrôle du M23, qui impose un règne de terreur », peut-on lire dans sa lettre.
« Les habitants vivent quotidiennement entre assassinats, cambriolages nocturnes, enlèvements, viols, déportations, recrutements forcés, ainsi que harcèlements et intimidations. » Il a également dénoncé les massacres sans fin : « Des familles entières, comme celle du chef coutumier Prosper Kimanuka Musckura, ont été massacrées pour avoir refusé de se soumettre à l’autorité rebelle du M23. »
Le député élu du nord-kivu déplore la détérioration de la situation sécuritaire pour des décennies. ' C'est plus de trente ans, la RDC subit une menace de destruction orchestrée par la coalition NRM-FPR, à travers une série de conflits, allant de l’AFDL au M23-AFC, en passant par le RCD et le CNDP. Ces opérations visent l’anéantissement physique, économique, culturel et intellectuel des Hutu congolais, tout en falsifiant l’histoire de notre pays. Nous dénonçons avec vigueur la déportation des citoyens Hutu congolais vers le Rwanda, après avoir brûlé leurs pièces d’identité sous prétexte qu’ils seraient Rwandais ou membres des FDLR. Ces victimes, arrachées à leur État, sont livrées à un sort inconnu, dans le mépris total des lois nationales et des conventions internationales. Nous assistons également à une attribution illégale et arbitraire des marchés économiques au sein du secteur du commerce à une seule communauté tribale. Ce favoritisme ethnique n’est qu’un système d’exclusion, une stratégie de domination tribale déguisée, orchestrée par un groupe rebelle criminel sous l’égide du FPR. Le M23 a transformé Goma et ses environs en une ville de répression. Jeunes, hommes et même enfants dès 12 ans sont arrêtés arbitrairement et détenus dans des centres inhumains, tels que le sinistre cachot du ‘Mont-Goma’, le bureau de l’Agence nationale de renseignement (ANR), ou encore au bureau de l’Assemblée provinciale à Fleur de Lys. Dans ces lieux, les victimes subissent tortures physiques et psychologiques au quotidien. Des témoignages font état de centaines de cas de sévices corporels, tandis que plusieurs personnes disparaissent sans laisser de traces, plongeant leurs familles dans l’angoisse et le désespoir. Nous exigeons la libération immédiate de tous les détenus illégalement retenus et la fermeture de ces centres de torture. La population de Goma vit dans la peur permanente. Les cambriolages nocturnes sont devenus monnaie courante. Les habitants subissent des taxes abusives et des travaux forcés, sous peine de châtiments brutaux. La liberté de presse, pilier d’une société démocratique, est totalement réduite. Les journalistes, comme Tuver Wundi, directeur de la RTNC, sont arrêtés ou contraints à l’autocensure par crainte de représailles. Nombre d’entre eux ont fui vers Beni, Butembo, Kinshasa, le Burundi ou d’autres pays, où ils vivent dans une précarité alarmante. Cette censure imposée par la peur étouffe la vérité et empêche le monde de connaître l’ampleur des crimes commis à Goma et dans ses environs. Nombre d’activistes et membres de la société civile vivent en clandestinité, en silence.'
Face à cette oppression, l’élu du Nord-Kivu appelle le gouvernement congolais à agir de toute urgence pour assurer la sécurité et la dignité de la population en détresse; en appellant la communauté à une solidarité internationale et un soutien concret sont indispensables pour mettre fin à cette situation tragique et restaurer la paix dans la région. Les voix des victimes doivent être entendues et reconnues.
Il exorte les congolais à se mobiliser contre les injustices afin de bâtir un avenir plus stable et pacifique pour le Nord-Kivu,et la République démocratique du Congo en générale .
