Plus de 60 rebelles du M23 se rendent aux FARDC dans les hauts plateaux de Fizi
lundi 12 octobre 2026
Par Hussein Jafari Fils
L'agression de la République démocratique du Congo par l'armée rwandaise à travers ses supplétifs du M23 affecte plusieurs secteurs vitaux du territoire de Fizi, notamment les infrastructures routières, sanitaires, éducationnelles et met en péril la cohésion sociale et le vivre-ensemble intercommunautaire.
Selon l'Administrateur du Territoire, cette situation a refroidi davantage l'élan de la réconciliation intercommunautaire engagé il y a deux ans. Avec la reprise des violents affrontements dans les hauts plateaux de Fizi, précisément au village de Minembwe, en secteur de Lulenge, dans le groupement de Basimunyaka Sud, il y a plus de 5 mois, les efforts conjugués pour la paix par les différentes communautés ont volé en éclats.
Par ailleurs, la situation sécuritaire à Fizi reste relativement calme en ce dimanche 11 octobre 2026, confirme samy kalondji, l'administrateur du territoire de Fizi.
'Nos FARDC appuyées par les VDP Wazalendo maintiennent la pression sur les rebelles rwandais M23 appuyés par les RDF, Twirwaneho, FNL Zabampema et les mercenaires Somaliens et Kényans qui envahissent les hauts plateaux de Fizi à Minembwe, Mikenge et leurs environs', a déclaré l'Administrateur du Territoire de Fizi, Sammy Kalondji.
Il a également annoncé des redditions enregistrées chaque jour sur le front.
'Nos forces régaliennes reçoivent chaque jour des rendus composés essentiellement des rebelles du M23 qui désertent la rébellion, toutes ces redditions sont les résultats de la sensibilisation menée par les FARDC auprès de ces derniers. Plus de 60 éléments se sont déjà rendus et ont été reçus par les FARDC depuis le début des affrontements dans les hauts plateaux de Fizi au mois d'octobre', a-t-il ajouté.
Concernant les motivations de ces redditions, l'autorité territoriale précise sur les micros de la Radio Ngoma ya Amani:
'Tous ces rendus parlent comme raisons qui les poussent à déserter la rébellion : les mauvaises conditions de vie qu'ils mènent dans les rangs des M23, l'injustice car ce sont des Tutsi qui sont favorisés au détriment des Hutu majoritaires et autres ethnies dans la rébellion, la troisième raison c'est les tueries en masse de leurs frères qui étaient intégrés de force.'
Au-delà du bilan militaire, ces redditions en cascade traduisent un profond malaise au sein de la rébellion et une lueur d'espoir pour le retour de la paix dans les hauts plateaux. Si la pression des FARDC et des Wazalendo se maintient, associée à une prise en charge efficace de ces rendus dans le processus de désarmement et de réinsertion, c'est toute la dynamique de la réconciliation intercommunautaire, brisée il y a cinq mois à Minembwe, qui pourrait être relancée pour reconstruire le vivre-ensemble à Fizi.
