dimanche 20 septembre 2026 Fizi 14:40


La fracture des Wazalendo au Sud-Kivu et l'éviction de Yakutumba



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samedi 12 septembre 2026  

Par Byobe Malenga

Une rupture majeure vient de s'opérer au sein des groupes armés d'autodéfense désignés sous le label « Wazalendo » dans la province du Sud-Kivu. 

À travers une déclaration officielle signée le 1er septembre 2026 à Sangya parvenue à la RNA-News, plusieurs commandants et mouvements politico-militaires ont annoncé leur désolidarisation de la Coordination provinciale des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP/Sud-Kivu), dirigée par William Amuri Yakutumba. Les dissidents ont officialisé la création d'une structure concurrente dénommée Alliance des Patriotes Congolais (A.P.C.).  

Une scission actée à Uvira

Cette décision découle d'une réunion stratégique tenue le 23 août 2026 à Uvira, rassemblant des responsables politico-militaires hostiles à la conduite actuelle des opérations et de la gestion administrative des VDP. Parmi les figures de proue de cette nouvelle plateforme figurent notamment les commandants René Itongwa, Olivier Mtetezi Bolingo (FPDC-ML), Kakobanya (UNLC) et Justin Mbavu Moya Nakalambi (FDCC/AP).  

Dans leur déclaration, les signataires motivent leur mise à l'écart de William Amuri Yakutumba par une série de griefs portant sur la conduite des opérations de terrain, la gouvernance financière et le climat sécuritaire local.  

Accumulation de griefs et accusations de dérives

Sur le plan stratégique et administratif, l'A.P.C. pointe du doigt une série d'échecs militaires sur les lignes de front et dénonce une « privatisation » du secteur stratégique de Ngandja au profit de la CNPSC, le mouvement propre à M. Yakutumba. 

La nouvelle coalition déplore également une absence de concertation entre les responsables de la coordination.
  
Le volet financier et logistique constitue un autre point d'achoppement central.

Les dissidents accusent l'ancien coordinateur d'opérer une gestion opaque des ressources matérielles, des munitions et des subventions allouées par le gouvernement central. Ils lui imputent par ailleurs la perception unilatérale et l'usurpation des taxes minières prélevées dans plusieurs localités du territoire de Fizi, notamment Misisi, Nyange, Ngalula et Mukera.  

Outre la question des ressources, le document dresse une liste d'allégations graves, incluant :

  • La prolifération de barrières payantes illégales, notamment à Mitindo, Ndolo et Lubichako au profit exclusif de la CNPSC ;  
  • Des tensions interethniques, accusant M. Yakutumba d'incitation à la haine en instrumentalisant des jeunes contre les communautés Fuliru et Nyindu ;  
  • Des exactions et règlements de comptes internes, lui attribuant la responsabilité d'attentats et de ciblage de commandants rivaux, à l'instar des attaques signalées contre le Lt-Gen. Kibukila Waseba Trésor Mtetezi en mars 2025 et un élément du groupe du Lt-Gen. René Itongwa en mai 2026.  

 

Recomposition du paysage sécuritaire

En formalisant cette rupture, l'Alliance des Patriotiques Congolais (A.P.C.) lance un appel au ralliement d'autres factions armées de la région. Cette scission met en lumière la fragilité des alliances au sein du mouvement Wazalendo au Sud-Kivu et soulève des interrogations quant à l'impact de cette fragmentation sur la stabilité sécuritaire du territoire de Fizi et des zones environnantes.  

À ce stade, Monsieur William Amuri Yakutumba et ses proches collaborateurs n'ont pas encore fait de déclaration publique en réponse aux accusations portées par la nouvelle coordination.


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