Uvira : Six acteurs de la société civile de Baraka acheminés à la prison centrale d’Uvira malgré l’absence de charges
mercredi 19 août 2026
Par Joseph Apolo
La ville de Baraka est secouée par une affaire judiciaire qui illustre les dérives d’un système sous forte pression politique. Six acteurs de la société civile, arrêtés le 14 août dernier, viennent d’être transférés à la prison centrale d’Uvira sous MAP alors même que le Tribunal de Grande Instance (TGI) n’a retenu aucune infraction contre eux.
Après plusieurs jours de garde à vue, le TGI s’est retrouvé dans l’épuisement du délai légal de rétention. En principe, cette situation devait conduire à leur libération immédiate, conformément aux dispositions légales. Pourtant, sous l’influence manifeste de pressions politiques, les prévenus ont été acheminés vers la prison centrale d'Uvira, une décision dénoncée comme une violation flagrante des droits fondamentaux.
Les premières auditions, tenues le 18 août, ont révélé de nombreuses irrégularités. Aucun acte de plainte n’avait été enregistré avant l’intervention du Gouvernorat, qui a poussé le parquet à formuler une plainte de “procédure”.
La société civile et les défenseurs des droits humains dénoncent une instrumentalisation de la justice visant à museler les voix critiques.
“Nos camarades ont été arrêtés sans base légale. C’est une manœuvre politique”, martèle un acteur de la société civile depuis Baraka après avoir appris cet acheminement vers la prison centrale.
La population de Baraka, déjà mobilisée par trois jours de “ville morte”, réclame une libération sans condition et promet de maintenir la pression.
Cette affaire met en lumière la fragilité de l’indépendance judiciaire en RDC et la difficulté des institutions à résister aux influences politiques. Elle pourrait devenir un symbole de la lutte pour la liberté et la justice dans une région où la société civile joue un rôle essentiel dans la défense des droits et la cohésion sociale.
