Tensions au sein des Wazalendo FPDC-ML après l'annonce de la radiation de Justin Mmunga à Fizi.
lundi 17 août 2026
Par Byobe Malenga
Le groupe armé Forces des Patriotes pour la Défense du Congo / Mouvement de Libération (FPDC-ML/AEC) fait face à une crise de commandement marquée par l'annonce de l'exclusion formelle de son président national, Mmunga Mshaleke Justin.
Selon un document signé le 17 août 2026 par le coordinateur national du mouvement, Ngoy Ngyelwa Mao, la hiérarchie de l'organisation a prononcé la « radiation définitive » de M. Mmunga.
Déjà visé par une mesure de suspension datée du 7 avril 2026, l'ancien dirigeant se voit reprocher plusieurs griefs administratifs, financiers et disciplinaires.
La coordination nationale accuse notamment Justin Mmunga d'avoir tenu des réunions non autorisées, d'avoir procédé à des nominations unilatérales et d'être impliqué dans des malversations financières liées à des taxes prélevées sur des opérateurs économiques locaux et miniers dans les territoires d'Uvira et de Fizi.
Le document évoque également des manquements à la discipline interne et aux us et coutumes locaux, lui reprochant une relation de concubinage avec la veuve du feu Lieutenant-Général Mtetezi, ancien chef militaire des FPDC-ML, sans consultation ni autorisation préalable de la famille. Cette conduite au regard des responsabilités qu'il exerçait en tant que président national aux côtés du défunt chef militaire, est considérée par le mouvement comme une atteinte grave à la mémoire du défunt, ainsi qu'à l'honneur et à la crédibilité des FPDC-ML.
Contestation immédiate de l'intéressé
Réfutant catégoriquement la légitimité de cette décision, Justin Mmunga Mshaleke maintient sa position à la tête du mouvement. Interrogé sur la mesure prise à son encontre, l'intéressé a rejeté la validité de l'acte émis par la coordination.
« Ça, c'est un non-événement. Je suis et je reste président. Un groupe de trois personnes, y compris leur technicien Sylvestre Atulenganya, ne peut pas décider des matières d'un groupe ayant un grand nombre de cadres. Avant-hier, je l'ai appelé et lui ai dit toutes ces vérités », a déclaré M. Mmunga.
De son côté, M. Sylvestre ATULENGANYA WILONGELA a tenu à exercer son droit de réponse afin d'apporter des précisions quant aux accusations ou mises en cause le concernant.
Ce dernier tient à clarifier son rôle administratif et décline toute responsabilité directe dans cette affaire. « Je ne suis pas le décideur du mouvement, je suis le Secrétaire général de la Coordination nationale, mais je n'ai pas signé cette correspondance. Mon nom n'apparaît nulle part pour ce qui est des responsabilités administratives ou autres dans ce dossier.De plus, lorsque nous nous sommes rencontrés, je lui ai dit d'accepter que nous allions à la table de négociation pour mettre fin à ces tractations, mais il a refusé catégoriquement. J'ai fait le rapport et sa hiérarchie a décidé de sa radiation comme mesure ultime. Bref, il aurait dû s'en prendre à la Coordination et non à ma personne. »
Par cette déclaration, M. Sylvestre souligne qu'il ne doit pas être tenu personnellement responsable des actes pris par la Coordination nationale qu'il ne signe pas.
Cette opposition frontale entre la coordination nationale et l'ancien président suspendu illustre la persistance de factions au sein des FPDC-ML dans la région du Sud-Kivu. Alors que la direction du mouvement demande aux autorités locales et aux structures de la coalition Wazalendo de ne plus reconnaître l'autorité de M. Mmunga, ce dernier continue de revendiquer la plénitude de ses fonctions.
